Juillet 2025
Témoignage de Delphine Bolio
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Delphine, j’ai 47 ans et je suis la maman d’un jeune garçon de 13 ans.
Mon p’tit surnom à l’asso est « La Pomponette ».
J’aime savourer les petits bonheurs simples du quotidien… comme le sourire de mon fils au réveil, une baignade au lac en fin de journée, un coucher de soleil qui m’émerveille, un fou rire avec des amis, cuisiner de bons légumes, composer un bouquet de fleurs sauvages, déguster des figues fraîches, ou encore promener ma chienne au bord de l’eau…
Je suis curieuse, créative et surtout persévérante.
J’oscille entre les bas et les hauts… Mais tant que j’oscille, c’est que je suis en vie.
Quel a été le moment le plus difficile dans votre parcours de santé ?
L’annonce de la maladie.
Mon gynécologue me l’a annoncée de manière brutale, sans délicatesse et avec peu d’espoir. J’ai passé une semaine à pleurer. J’avais peur de ne plus être là pour mon fils, qui n’avait que 7 ans à l’époque, peur de ne pas le voir grandir.
Puis j’ai décidé que le plus important était de garder mon énergie et de me concentrer sur l’essentiel : me soigner.
Qu’est-ce qui vous a aidée à tenir pendant les traitements ?
Mon mental.
J’ai enfin écouté mon intuition. J’ai choisi moi-même où me faire opérer, par qui, et j’ai demandé plusieurs avis dans différents hôpitaux.
Cela m’a permis de garder une forme de maîtrise sur ma vie.
Je me suis entourée de personnes de confiance dans le domaine paramédical pour m’accompagner et me soulager.
J’ai compris que cette période était une parenthèse à traverser. J’ai continué à rire… et à pleurer.
J’ai pris du temps pour moi. Les thérapeutes de l’association m’ont aussi beaucoup soutenue.
Y a-t-il eu une personne qui a compté particulièrement pour vous dans ce parcours ?
Pas une, mais deux : mon fils et ma mère.
Leur joie de vivre, leur douceur, leur amour inconditionnel m’ont portée et donné la légèreté nécessaire pour traverser les traitements.
Le décès de ma mère pendant ma chimiothérapie a été une épreuve supplémentaire, mais j’ai su, à son départ, qu’elle veillerait sur nous sans limite.
Qu’avez-vous appris sur vous-même grâce à cette épreuve.?
J’ai découvert que, même si ce parcours m’affaiblissait physiquement, il révélait mes forces intérieures.
J’ai compris la puissance du mot résilience.
Y a-t-il une activité proposée par l’association qui vous a particulièrement marquée ? Pourquoi ?
Oui, la psychologie positive animée par Sylvie Dal Col.
Cette activité, en groupe et sous forme de jeux, m’a aidée à déposer mes maux, à partager mes difficultés.
À chaque séance, je repartais plus légère, reboostée par une belle énergie pour affronter l’épreuve.
Comment votre rapport à votre corps a-t-il évolué ?
J’ai réussi à accepter mon nouveau corps.
Je remercie Sandrine Cognard, thérapeute à cette époque, de m’avoir accompagnée dans ce processus d’acceptation avant ma mastectomie.
Aujourd’hui, malgré un corps plusieurs fois mutilé, je ne doute aucunement de ma féminité.
Avez-vous connu des moments de solitude, d’angoisse ou de colère ?
Pas de colère, mais de l’angoisse, oui.
La peur de ne pas pouvoir contrôler les événements, la peur de mourir.
La solitude a été présente, difficile au début, puis salvatrice.
Elle m’a permis d’apprendre à prendre soin de moi et à apprécier ma propre compagnie.
Avez-vous eu l’impression d’être comprise ou au contraire incomprise ?
Souvent incomprise. Mais je n’en ai jamais voulu à mon entourage.
On ne peut réellement comprendre une épreuve que lorsqu’on la vit dans sa propre chair.
Que vous a apporté l’association Les Fées Papillons ?
Un soutien sans faille.
Grâce aux différentes techniques proposées par les thérapeutes, j’ai pu faire un vrai travail sur moi.
J’ai vécu des expériences fortes et transformatrices (comme un shooting photo…).
J’ai trouvé une écoute sincère, des échanges profonds, autant avec les intervenants qu’avec les autres adhérents.
J’ai aussi tissé de vrais liens d’amitié — petite dédicace à la Pomponette n°2 !
Je suis heureuse de faire désormais partie de cette belle aventure en tant que co-présidente, et de pouvoir, à mon tour, transmettre l’énergie que l’association m’a donnée.
